Jean-Pierre Humbert peintre et graveur

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Jean-Pierre Humbert est un créateur aux moyens d'expression multiples: dessin, peinture, lithographie, gravure, sérigraphie, estampe numérique, mosaïque, vitrail, entre autres. Dans son atelier de Fribourg, il travaille sur une série de grandes peintures et prépare un livre, "Anachroniques", qui sortira en 2017.

Prochaine exposition:

Du 23 septembre au 23 octobre 2016 à la galerie le Vide-Poches à Marsens

L'oeuvre de la semaine

Voir l'oeuvre en grand - Archive des oeuvres de la semaine


Texte de Benoît Junod, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

J’ai rencontré Jean-Pierre Humbert voilà une quinzaine d’années dans un contexte assez particulier : j’étais à l’époque à l’Ambassade de Suisse à Belgrade et lui, de par le fait que sa femme Milka est Serbe, y venait régulièrement malgré l’opprobe de tous à l’égard de ce pays. C’était la pire époque des sanctions, quand les gens avaient faim, puis celle du bombardement. Aucun Suisse ne s’aventurait là-bas, sauf lui. Et il venait calmement, sans critiquer ni les uns ni les autres, ignorant les vociférations de la communauté internationale, restant un observateur attentif, neutre et indépendant. S’il exprimait un avis, c’était toujours empreint d’une profonde compassion à l’égard de ceux qui souffraient, et pour condamner la bêtise humaine ( de toutes parts ) qui en était la cause.

L’Estampe numérique La Lueur ne se réfère pas directement au conflit, mais elle le traite métaphoriquement par le biais d’un sujet voisin, celui de l’environnement.

La Lueur montre un paysage urbain dense, qui n’est sûrement pas Belgrade, mais une métropole bien à nous, avec d’innombrables cheminées d’usines desquelles montent des volutes de fumée. Ces volutes se transforment, au fil de leur ascension, en bulles, en plumes, en strates que l’artiste fait savamment s’imbriquer. Au mileu de ces géométries inquiétantes, un rectangle blanc. Ce n’est pas un morceau de ciel, comme ceux que l’on aperçoit à droite sur l’horizon, derrière les cheminées : il serait bleu. C’est donc une lueur, une lueur blanche qui s’ouvre dans ce ciel inquiétant et lourd. Une lueur d’espoir.

Jean-Pierre Humbert nous donne cette lueur d’espoir dans un contexte où l’homme est en train de s’auto-annihiler. Et voilà pourquoi le contexte de ces années noires à Belgrade me semble avoir une parenté avec le narratif de cette image. Malgré la folie de l’autodestruction des hommes, il y a toujours une lueur – un rectangle qui se distingue dans la masse et offre une fenêtre par laquelle respirer, ou s’échapper.

Pour voir l'oeuvre de la semaine et pour visiter l'exposition permanente, je vous engage à passer à la Galerie Contraste (plan), le samedi matin entre 9 et 12 heures ou à prendre rendez-vous (026 322 24 46)