Jean-Pierre Humbert peintre et graveur

Oeuvre de la semaine

À peine sorties du bois,
à peine exprimées, mal vécues,
nos pulsions secrètes sont trivialement exploitées par des marchands.

Les femmes n’y sont pour rien.



Le Bien, le Mal, deux thèmes de réflexion ( à moins que ce n’en soit qu’un ) pour les humains. Chacun a choisi son camp et c’est le même : le Bien. Jusque là, tout est parfait. Le combat, la prière, la quête d’un idéal peuvent commencer. Heureusement, pour pimenter l’affaire nous n’avons pas tous la même conception du Bien. Mais, comme la nôtre est la bonne, elle devrait triompher et atteindre son objectif de pacification du pauvre monde. Très efficaces, miss France, miss Suisse, Bono et un nombre incalculable de célébrités y vont de leur couplet et chantent à l’unisson : « paix, pace et surtout peace ( and love ) » pour l’humanité. Plus modeste, la masse des gens, fatiguée par des activités peu gratifiantes, se contente de psalmodier mollement « délivrez-nous du mal » à l’annonce de la prochaine guerre, de la prochaine crise financière, bref, de la prochaine ... Cela n’engage pas à grand-chose, ça ne rassure pas vraiment, on prie sans avoir la foi. Ma supplique n’a aucune chance de succès, mais, tant pis : Délivrez-nous du bien dispensé avec des bombes.



Cet automne 2017, les éditions contraste publieront une monographie intitulée:

anaCHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT

dessins, peintures, gravures, lithographies, sérigraphies, vitraux, mosaïques, objets, textes et autres aventures sédentaires

Pour plus d'informations et pour souscrire

FICHE TECHNIQUE DU LIVRE

Edition courante 256 pages au format 23 x 32.5 cm Impression offset couleur sur du papier satiné de 150 g/m2 Plus de 200 illustrations et des textes de J-P Humbert Prix de souscription : CHF 95.- + Frais de port et d’emballage



Edition de tête Le livre est accompagné d’une estampe que j’ai créée pour l'occasion. Cette œuvre est tirée à 47 exemplaires. Le livre et l’estampe sont numérotés et signés de 1/47 à 47/47 Prix de souscription : CHF 180.- Port et emballage inclus Dès parution l’édition de tête coûtera CHF 220.-

Edition de luxe Le livre inséré dans une fourre transparente en verre acrylique est accompagné d’une aquarelle ou d’une peinture Prix de souscription : CHF 500.- Port et emballage inclus Dès parution l’édition de luxe coûtera CHF 650.-

C’était en 1965, apprenti graphiste sous-exploité, pour passer le temps, j’ai rédigé et dessiné environ 200 histoires humoristiques dont quelques-unes ont été publiées dans des journaux suisses et français. J’admirais ( c’est encore le cas ) des dessinateurs tels que Sempé, Bosc, Ronald Searle, André Paul Perret, Teddy Aeby, qui fut mon patron d’apprentissage, et j’en oublie beaucoup.

Très souvent seul à l’atelier, je me suis entouré de personnages que j’animais et dont je partageais les aventures. L’élaboration des scénarios me plaisait beaucoup. Les dessins étaient très simples mais j’envisageais d’inviter des protagonistes à la physionomie plus élaborée, voire franchement complexe. C’était bien parti. C’est le moment qu’un anonyme animateur de destins a choisi pour placer quelques pièges sur mon sentier pourtant bien balisé. Je n’en retiendrai qu’un. Je n’avais pas fait de copies de mes dessins. Un soir, je les ai pratiquement tous confiés à un type dont j’ai oublié le nom ( l’ai-je une fois su ? ). Il disait être à la recherche d’un dessinateur pour une nouvelle publication hebdomadaire. Je n’ai revu ni le bonhomme, ni les dessins et je ne saurais pas dire si le journal en question a été édité. Deux ou trois mésaventures plus tard, ma modeste carrière de dessinateur humoristique s’achevait au profit d’activités susceptibles de me procurer à manger. Avec quelques planches rescapées, la séquence souvenir a donné la composition intitulée « Séquences de la vie quotidienne » reproduite ci-dessus.

Texte † Étienne Chatton

Ton sur ton de grisaille, manies d’enfant sénile
Qui conserve le temps dans ses boites à sardines
Quel architecte fou sur l’infini d’ennui
A planté ses mâchoires aux molaires de buildings ?
Le Ciel de traîne usé des printemps en souffrance
Bat l’écrasant rappel de la vie qui s’achève
Aux fenêtres aveugles, collées de purulences.
Une histoire sans mémoire de mort-nés écrasés
Levures et balayures d’époux irréprochables,
O Jupiter, lance Tes ponts, unis les sphères du dais astral
Fulmine dans l’azur Tes féroces fougères aux venins de crotals.
Hors du visqueux magma fais exploser nos rages abyssales.
Aux filles filiformes, cuissardes de cigognes, fulgure un jet de foutre.
Que Tes gongs d’hélium en musique jubilent des alphabets de feu
Au poitrail de pierre des montagnes, accroche Tes médailles.
Quand Tes furieux désastres emporteront nos alluvions
Tristes variations des morts en sursis, dont on enduit
La crevasse des rues et leurs sens interdits,
Aux cascades vêtues de blanches robes de moniales,
Rastas, loubards, rockers, servants de messes putassières,
Poignards de chair, gainés d’envie et de COLÈRE,
Reviendront assoiffer la part perdue des dieux.

Sans parole

Trop d’agitation, trop de monde.
L’image de nos amis s’estompe trop vite.
C’est déjà demain.

Ceux qui arrivent ont besoin de place.
À peine installé, vous êtes déjà de trop.


Frères humains qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.

François Villon

Pour connaître l'histoire abracadabrantesque de cette peinture de grand format, je vous suggère de souscrire à la monographie consacrée à mes 50 années de création et de promotion artistique. Publiée par les Éditions Contraste, le livre paraîtra en novembre 2017 et s'intitulera anaCHRONIQUES.


  Sans parole


Sans parole