Jean-Pierre Humbert peintre et graveur

Oeuvre de la semaine

Chers amis abonnés à ma lettre hebdomadaire,

Je me permets de vous rappeler la souscription pour le livre anaCHRONIQUES, Jean-Pierre Humbert à paraître à la fin octobre 2017. Je sais que bon nombre d'entre vous se sont déjà engagés à en prendre un ou plusieurs exemplaires. Je les en remercie. Reste que les éditions Contraste ne publieront l'ouvrage qu'à la condition que plus de la moitié des frais soient couverts par l'engagement des souscripteurs et nous n'y sommes pas encore arrivés.

Salutations amicales, JPH



Présentation du livre par Irenka Krone-Germann

50 ans de cheminement artistique s’achèvent et l’artiste Jean-Pierre Humbert ne semble pas encore être arrivé à son but. Cinq décennies d’évolution et de transformation durant lesquelles la vie marque, crée et disparaît. Il cherche, peaufine et réinvente toujours. Ses créations résultent d’un long travail qui révèle la discipline, la rigueur, la créativité et l’ouverture d’esprit. Au-delà des générations, il a su faire évoluer ses œuvres, faire découvrir au public curieux qui s’aventure dans sa galerie les nouvelles technologies et leurs effets sur le regard et la pensée.




FICHE TECHNIQUE DU LIVRE

Edition courante 256 pages au format 23 x 32.5 cm Impression offset couleur sur du papier satiné de 150 g/m2 Plus de 200 illustrations et des textes de J-P Humbert - Prix de souscription : CHF 95.- + Frais de port et d’emballage



Edition de tête Le livre est accompagné d’une estampe que j’ai créée pour l'occasion. Cette œuvre est tirée à 47 exemplaires. Le livre et l’estampe sont numérotés et signés de 1/47 à 47/47 - Prix de souscription : CHF 180.- Port et emballage inclus Dès parution l’édition de tête coûtera CHF 220.-

Edition de luxe Le livre inséré dans une fourre transparente en verre acrylique est accompagné d’une aquarelle ou d’une peinture - Prix de souscription : CHF 500.- Port et emballage inclus Dès parution l’édition de luxe coûtera CHF 650.-


Question pour un observateur qui sait compter:
combien
y-a-t’il de chats autour de ma chathédrale?

Premier prix, une visite gratuite de mon exposition à la Galerie Contraste

RÉMINISCENCES DE VOYAGES: FRIBOURG EN SUISSE
Par Etienne Eggis (né à Fribourg en 1830- mort à Berlin en 1867)

Vous connaissez les mollusques ?
Eh bien! Ies habitants de Fribourg en Suisse sont des mollusques qui tiennent à l’homme par une chose : l’appétit.

Le Fribourgeois dine cinq fois par jour :
Le matin à huit heures, dix heures et midi; le soir à quatre heures et à sept heures et cela sans préjudice des chopines et des bouillies de fromage appelée fondues que confectionne chaque marchand de vin de l’endroit.

Il est peu de villes plus pittoresques et plus riches en sites variés que la ville de Fribourg en Suisse. Elle a la forme d’une échelle, dont chaque échelon formerait une rue, de façon que, pour descendre au jardin, il faut monter quatre étages, traverser le grenier, faire l’ascension d’un nouvel escalier de pierre, et I’on se trouve.. . où?

Sur les toits? Non, dans le jardin.

A vos pieds descend la toiture des maisons, qui continue sa déclivité pittoresque jusqu’aux rochers mystérieux et sombres qui regardent, immobiles et muets, passer entre leurs pieds de granit les ondes fangeuses du torrent de la Sarine, - la Seine du lieu.

Les neiges éternelles des Alpes, où vivent, libres et fiers dans les sérénités immaculées des solitudes, ces trois grands vagabonds : l’aigle, l’avalanche et le chamois, forment le dernier plan de ce tableau gigantesque et multiple, et semblent veiller, de leurs cimes auréolées par l’éclair, sur les huttes où rampent les insectes humains.
Mais cet artiste plus grand que M. Delacroix et qu’on appelle Dieu a mis tant de poésie dans le sol de ce pays, qu’il ne lui en est plus resté pour les habitants. Le Fribourgeois est lourd, bête et crasseux. II n’aime qu’une chose : boire.
Et il boit. Il s’enivre comme un ours gorgé de raisins. Il ne soupçonne pas qu’il y ait une ivresse fine, délicate et joyeuse, où l’esprit domine toujours le corps.

L’art, la science, la poésie, sont pour le Fribourgeois ce qu’est le génie pour I’Académie française, des choses dont il a vaguement entendu parler et dont il n’a jamais vu l’ombre.

Et pourtant ces aveugles et ces sourds ont une des plus belles choses qui aient été faites sous le ciel: l’orgue de leur cathédrale. Cet orgue gigantesque a dans ses flancs toutes les voix de la création, depuis I’imperceptible susurre des brins d’herbe effleurés par les brises jusqu’aux rugissements tumultueux des tempêtes sur le dos cabré des océans.

Mais que fait de la romance du Saule un homme ivre? Et le Fribourgeois est ivre toujours de bêtise et de surdité intellectuelle. La poésie pour lui s’arrête à Jacques Delille; il ne sait pas ce que c’est que la peinture, et la science consiste pour lui à savoir que deux batz, -monnaie du pays, - paient une chopine.

Le dimanche, les jeunes lions de la localité, - des lions suisses ! une redingote avec poches à tabatière, des souliers ferrés et pas de gants, - se réunissent, avant la messe, sur la Promenade des Messieurs, et préparent, en se promenant deux heures la canne à la main, le cigare à la bouche et la bêtise au visage, la déglutition de la fondue obligatoire qui suit la cérémonie religieuse et doit ouvrir les voies au diner de midi.

Ils causent de ... Ils ne causent pas, ils montrent leurs gilets neufs.

Il y a quelques jolies femmes à Fribourg en Suisse, - entre autres Mademoiselle Marguerite Monney, - mais elles sont lourdes, massives, bêtes et joufflues.

Elles font trois choses dans leur journée : médisent, mangent et tricotent. La bouiIlie au fromage dont je parle plus haut et qu’on appelle fondue à Fribourg est une polenta qu’on ne connaît pas ailleurs.

«Le style c’est l’homme» a dit un homme en manchettes, inventeur de la générosité du lion.
Le mets, c’est le pays. Le Fribourgeois, c’est une bouillie au fromage.

Disproportionnée
dans l’immensité infinie de la voûte céleste,
une planète bleue,
capte mon attention.

De ce reflet flou de notre terre,
j’attends, sans trop y croire,
que vienne la lumière
sur le mystère de nos vies.

Vie intérieure d’une femme.
Secrètes préoccupations
d’un être absorbé par sa nature.

À ce si pénétrant, appliquez un bémol.

À peine sorties du bois,
à peine exprimées, mal vécues,
nos pulsions secrètes sont trivialement exploitées par des marchands.

Les femmes n’y sont pour rien.



Le Bien, le Mal, deux thèmes de réflexion ( à moins que ce n’en soit qu’un ) pour les humains. Chacun a choisi son camp et c’est le même : le Bien. Jusque là, tout est parfait. Le combat, la prière, la quête d’un idéal peuvent commencer. Heureusement, pour pimenter l’affaire nous n’avons pas tous la même conception du Bien. Mais, comme la nôtre est la bonne, elle devrait triompher et atteindre son objectif de pacification du pauvre monde. Très efficaces, miss France, miss Suisse, Bono et un nombre incalculable de célébrités y vont de leur couplet et chantent à l’unisson : « paix, pace et surtout peace ( and love ) » pour l’humanité. Plus modeste, la masse des gens, fatiguée par des activités peu gratifiantes, se contente de psalmodier mollement « délivrez-nous du mal » à l’annonce de la prochaine guerre, de la prochaine crise financière, bref, de la prochaine ... Cela n’engage pas à grand-chose, ça ne rassure pas vraiment, on prie sans avoir la foi. Ma supplique n’a aucune chance de succès, mais, tant pis : Délivrez-nous du bien dispensé avec des bombes.



Cet automne 2017, les éditions contraste publieront une monographie intitulée:

anaCHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT

dessins, peintures, gravures, lithographies, sérigraphies, vitraux, mosaïques, objets, textes et autres aventures sédentaires

Pour plus d'informations et pour souscrire

FICHE TECHNIQUE DU LIVRE

Edition courante 256 pages au format 23 x 32.5 cm Impression offset couleur sur du papier satiné de 150 g/m2 Plus de 200 illustrations et des textes de J-P Humbert Prix de souscription : CHF 95.- + Frais de port et d’emballage



Edition de tête Le livre est accompagné d’une estampe que j’ai créée pour l'occasion. Cette œuvre est tirée à 47 exemplaires. Le livre et l’estampe sont numérotés et signés de 1/47 à 47/47 Prix de souscription : CHF 180.- Port et emballage inclus Dès parution l’édition de tête coûtera CHF 220.-

Edition de luxe Le livre inséré dans une fourre transparente en verre acrylique est accompagné d’une aquarelle ou d’une peinture Prix de souscription : CHF 500.- Port et emballage inclus Dès parution l’édition de luxe coûtera CHF 650.-

C’était en 1965, apprenti graphiste sous-exploité, pour passer le temps, j’ai rédigé et dessiné environ 200 histoires humoristiques dont quelques-unes ont été publiées dans des journaux suisses et français. J’admirais ( c’est encore le cas ) des dessinateurs tels que Sempé, Bosc, Ronald Searle, André Paul Perret, Teddy Aeby, qui fut mon patron d’apprentissage, et j’en oublie beaucoup.

Très souvent seul à l’atelier, je me suis entouré de personnages que j’animais et dont je partageais les aventures. L’élaboration des scénarios me plaisait beaucoup. Les dessins étaient très simples mais j’envisageais d’inviter des protagonistes à la physionomie plus élaborée, voire franchement complexe. C’était bien parti. C’est le moment qu’un anonyme animateur de destins a choisi pour placer quelques pièges sur mon sentier pourtant bien balisé. Je n’en retiendrai qu’un. Je n’avais pas fait de copies de mes dessins. Un soir, je les ai pratiquement tous confiés à un type dont j’ai oublié le nom ( l’ai-je une fois su ? ). Il disait être à la recherche d’un dessinateur pour une nouvelle publication hebdomadaire. Je n’ai revu ni le bonhomme, ni les dessins et je ne saurais pas dire si le journal en question a été édité. Deux ou trois mésaventures plus tard, ma modeste carrière de dessinateur humoristique s’achevait au profit d’activités susceptibles de me procurer à manger. Avec quelques planches rescapées, la séquence souvenir a donné la composition intitulée « Séquences de la vie quotidienne » reproduite ci-dessus.

Texte † Étienne Chatton

Ton sur ton de grisaille, manies d’enfant sénile
Qui conserve le temps dans ses boites à sardines
Quel architecte fou sur l’infini d’ennui
A planté ses mâchoires aux molaires de buildings ?
Le Ciel de traîne usé des printemps en souffrance
Bat l’écrasant rappel de la vie qui s’achève
Aux fenêtres aveugles, collées de purulences.
Une histoire sans mémoire de mort-nés écrasés
Levures et balayures d’époux irréprochables,
O Jupiter, lance Tes ponts, unis les sphères du dais astral
Fulmine dans l’azur Tes féroces fougères aux venins de crotals.
Hors du visqueux magma fais exploser nos rages abyssales.
Aux filles filiformes, cuissardes de cigognes, fulgure un jet de foutre.
Que Tes gongs d’hélium en musique jubilent des alphabets de feu
Au poitrail de pierre des montagnes, accroche Tes médailles.
Quand Tes furieux désastres emporteront nos alluvions
Tristes variations des morts en sursis, dont on enduit
La crevasse des rues et leurs sens interdits,
Aux cascades vêtues de blanches robes de moniales,
Rastas, loubards, rockers, servants de messes putassières,
Poignards de chair, gainés d’envie et de COLÈRE,
Reviendront assoiffer la part perdue des dieux.

Sans parole