Jean-Pierre Humbert peintre et graveur

Oeuvre de la semaine

GALERIE PLEXUS - VILLA MURILLO
Rue du Lac 61 - 1815 Clarens

EXPOSITION JEAN-PIERRE HUMBERT

DU 7 DÉCEMBRE 2017 AU 4 FÉVRIER 2018
VERNISSAGE JEUDI 7 DÉCEMBRE DÈS 18H 30

Ouvert du jeudi au dimanche
de 14 à 18 heures ou sur rendez-vous.
La galerie sera fermée
du 24 décembre 2017 au 9 janvier 2018

GALERIE CONTRASTE
Ruelle des Cordeliers 6 - 1700 Fribourg - 078 875 96 66
www.galeriecontraste.ch
- www.jphumbert.ch

PORTES OUVERTES DE LA ST-NICOLAS
EXPOSITION-VENTE
SAMEDI 2 DÉCEMBRE 2017 de 13 à 19 heures

À DÉCOUVRIR

les dessins, peintures et  techniques mixtes de CAROL BAILLY
les sculptures de ZANA, artiste ivoirien
et les gravures d'OLEG DENISENKO, artiste ukrainien

Les œuvres seront exposées jusqu’au vendredi 2 février 2018
Ouvert le mercredi, jeudi et vendredi de 14 à 18 heures et sur rendez-vous

Texte de Jean-Baptiste Magnin

Parmi les quelque 600 représentations de la Tour de Babel, dont la célèbre version de Bruegel l’Ancien, la gravure de la Tour de Babel en Belzé de Jean-Pierre le Jeune apporte son bloc de molasse à l’édification du mythe.

Dans la Genèse selon Jean-Pierre, le berceau de l’humanité se trouve à Fribourg. Les hommes parlaient alors la même langue, le bolze, formaient un seul peuple et cultivaient moult moments d’amitié autour de manoilles rafraîchissantes. Un jour, le roi Nemrod IV de Zæhringen ordonne de bâtir une tour dont le sommet doit toucher les cieux. L’Éternel, divinement agacé par tant d’insolence, redoute que la réussite du projet incite les rêveurs de la cité à échafauder des salles de spectacle et des ponts de la Poya en veux-tu en voilà. Dieu fait parler aux hommes des centaines de langues pour qu’ils ne se comprennent plus puis les éparpille par toute la terre. La Tour de Belzè reste inachevée. Cette vue de Fribourg à la base solide mais dont les étages perdent l’équilibre dans les nuages me renvoie à ma piètre inaptitude: grandir en Nuithonie et ne pas être bilingue, untauglich zu Zweisprachigkeit.

« 3 p’tits tours et… Soyons humbles et déterminés, bâtissons là ou en Basse, mais construisons toujours », disent les Bolzes qui ont plus de trois tours dans leur sackelè. Écoles et bibliothèques s’érigent autour de la patinoire. Un funi droit comme un i file vers l’Uni, rompant le ronron des remparts et des ponts en colimaçon. Des descendants des ouvriers de l’ancienne Tour reviennent s’installer en ville ; les langages se croisent et se mélangent. 3 p’tits tours et… représente une spirale harmonieuse, une ligne qui fait des révolutions pour que la terre tourne mieux. Si le bolze s’imposait comme langage universel, les conflits entre les nations s’apaiseraient.

Du 8 au 29 novembre 2012, la Médiathèque Jacques Baumel de Rueil-Malmaison a abrité une exposition de mes œuvres. À cette occasion, par le biais d’internet, la Galerie Contraste avait organisé, un concours littéraire ouvert à tous. Les participants étaient invités à «illustrer» ma lithographie Passé décomposé. Parmi les 74 textes reçus en provenance de toute la francophonie, le jury composé de 5 personnes a attribué le premier au plus court d'entre eux, un bel haïku de l’artiste Peintre Romancier Ivan Sigg - http://ivansigg.over-blog.com/ :

PASSÉ DÉCOMPOSÉ

Ô ville/molaire
Dans la gencive du ciel
Cariée par le temps

Pour tenir la promesse
d’une lithographie créée en 1999
intitulée CERTIFICAT DE JOUISSANCE,
j’ai concocté cette œuvre
que j’ai appelée LA RENTE.

Une rente que vous attendiez depuis longtemps,
mais ne vous réjouissez pas trop
car elle a déjà beaucoup servi ...
à ceux qui vous la promettent.


Cette œuvre de Jugoslav a été reproduite dans le catalogue de la manifestation "Mondialisation - Prix Contraste 2014 de l'estampe numérique".

JUGOSLAV VLAHOVIC est un dessinateur de presse serbe, né en 1949 à Belgrade. En 1974, il quitte la faculté des arts appliqués de Belgrade. Diplôme en poche, il entame une carrière d’illustrateur, qui sera pour le moins prolifique. Deux ans plus tard, il est engagé au magazine NIN pour croquer l’actualité hebdomadaire, activité qu’il exerce encore à ce jour. Ses travaux graphiques ont très vite un rayonnement international : ses caricatures sont publiées dans des journaux légendaires tels que le « New York Times », le « Wiener Zeitung », « la Repubblica » ou encore le « Sonntagsblatt ».

S’il excelle dans le domaine de l’illustration de presse, le dessinateur serbe fut aussi guitariste d’un groupe à géométrie variable : le Porodicna Manufaktura Crnog Hleba (La manufacture familiale de pain noir). Cette formation ne se contentait pas de faire de la musique, mais il s’agissait également d’une troupe de théâtre qui se produisait à l’Atelje 212 à Belgrade. Le « Porodicna Manufaktura Crnog Hleba» agrémentait ses performances de diapositives et de courts-métrages.

Après la dissolution du groupe, Jugoslav Vlahovic continue de côtoyer le monde de la musique, puisqu’il sera l’auteur d’un grand nombre de pochettes de disques, notamment pour la célèbre formation rock Riblja Corba.

À ce jour, Jugoslav Vlahovic comptabilise au moins sept livres de ses propres caricatures et un cartable d’estampes. Il s’est vu récompensé de nombreux prix pour ses travaux graphiques. Jugoslav Vlahovic a exercé son métier d’illustrateur au magazine NIN et il a été professeur à la faculté des arts appliqués de Belgrade jusqu'à sa toute récente retraite.

On dit que les jumeaux fondateurs de Rome, Romulus et Rémus, ont été nourris et élevés par une louve. Depuis, cette louve nourricière est devenue l'un des symboles de la Ville éternelle. Mais, comment s'appelle-t-elle cette brave bête ? Bien sûr, nos amis rédacteurs de mythes romains ne s'en sont pas préoccupés. Je suis convaincu que l'incontournable Walt Disney aurait pu les aider.

Heureusement, après enquête, les deux excellents journalistes du quotidien " Roma ogi e domani ", messieurs Tite-Live et Plutarque avancent un prénom ainsi qu'une excellente explication de la légende.

Selon eux, les jumeaux auraient été découverts dans la grotte du Lupercale par le berger Faustulus, gardien des troupeaux d'Amulius. Celui-ci les aurait confiés aux bons soins de sa femme Laurentia, une prostituée que les bergers appelaient Lupa. Ce serait donc par un jeu symbolique que d'autres auteurs latins auraient créé le mythe de la louve mère biologique de Romulus et Rémus. Une explication rationaliste de cette légende rappelle que le mot latin lupa possède deux sens, « louve » et « prostituée », allusion au beau métier qu'exerçait Laurentia.

Mais, que font donc Romulus et Rémus devant l'Université de Fribourg ? Du tourisme ? Révisent-ils leur latin ? Non, c'est plus simple. Pour honorer les liens qui unissent Fribourg et Rome, dans le domaine académique, la Société Dante Alighieri a offert à l'Université de Fribourg une sculpture commandée à l'artiste italien Alessio Paternesi. Celui-ci s'est inspiré de la fameuse "Lupa Capitolina" donnée en 1473 par le pape Sixte IV à la ville de Rome.

L'œuvre de Paternesi a été officiellement inaugurée le 21 avril 2004. Elle est posée sur un socle le long de la route du Jura, devant l'Université Miséricorde, appelée également l'Alma mater ( la mère nourricière ).

La photographie de ma chère Milka remet sérieusement en cause la version officielle de la présence de Romulus et Rémus à Fribourg. Il suffisait, comme elle l'a parfaitement fait, de photographier la sculpture dans le bon angle pour se rendre compte qu'elle n'est autre que le nouveau logo du Service Cantonal des Finances. Un logo qui trône au pied du siège de cette institution. Clairement, Romulus et Rémus symbolisent les agents de la fonction publique ( fonctionnaires ) en train de soulager les citoyens contribuables représentés par la louve, Lupa pour les intimes. Maintenant que vous connaissez sa profession, la vérité saute aux yeux. Le gang des souteneurs est enfin démasqué. Merci Milka.

LA DÉBANDADE

Dans le miroir pictural de notre temps,
omniprésente, désabusée, arrogante et moralisatrice,
la disgracieuse face botoxée de l’homme augmenté,
la gueule gonflée à l’hélium de l’artiste contemporain.

Dans le musée impérial du matérialisme mondialisé,
quelques cuvettes de chiottes recyclées,
des reliquats de la dernière bamboula
d’une association culturelle subventionnée.

Dans la grande salle d’exposition,
corrompus par un(e) « commissaire » d’un genre indéterminé,             
deux joyeux ramasseurs d’ordures ménagères
ont déversé les fruits pourris de leur tournée matinale.

Dans les pages des journaux à prétentions intellectuelles et culturelles,
un savant reportage relate tous ces pénibles faits-divers.
Par la grâce de ce délicieux baratin ludique et didactique,
vous apprendrez à vous ouvrir à la bêtise.

Une découverte archéologique:
Quelques souvenirs du XXe siècle

J’aime les beaux paysages qui me rendent la sérénité et la liberté dont le raz-de-marée administratif nous prive.

Je n’aime pas voyager.
J’aime les beaux paysages qui sommeillent en moi.