Jean-Pierre Humbert peintre et graveur

Oeuvre de la semaine

Un coup de peigne pour commencer l’année 2017 en beauté.

Presqu’île sur une terre réduite à l’état de plate-forme,
garnison abandonnée...
personne, jamais, ne nous protégera du progrès. 


Jean-Pierre fait partie du cercle des artistes sensibles au message engagé et toujours d’actualité de cette grande œuvre de la Renaissance qu’est "La nef des fous" de Sébastian Brant, version populaire du savant traité "Eloge de la folie" d’Erasme de Rotterdam. De Hieronymus Bosch, Pieter Brueghel, Albrecht Dürer et Hans Holbein aux artistes contemporains ainsi qu'aux graveurs du fantastique, comme le grand artiste slovaque Albin Brunovski, ce thème reste toujours aussi attractif car la folie humaine ne change pas, quelles que soient l’époque, l’ambiance et les apparences.

Cependant, Jean-Pierre a gravé une vision différente de "La nef des fous". Il n’en offre pas une représentation d’exégète. Il ne nous fait pas la revue des folies individuelles et des vices humains décrits dans les 96 poèmes de Brant qu’Albrecht Dürer fut le premier à illustrer avec 96 gravures sur bois. Jean-Pierre nous montre l’image de la folie de l’ensemble des humains. Sa gravure figure un océan agité au milieu duquel la nef fait plus penser à une île qu’à un bateau. Une île à deux troncs dont la couronne porte une toile de corps humains aux poses grotesques et entrelacés de la manière caractéristique dont il dessine une grande partie de ses sujets. Il semble nous dire que ce qui importe ce n’est pas tant que les gens soient corrompus, exaltés, passionnés et fous, mais bien que le monde est fou et qu’il est gouverné par cette épidémie.

Cette gravure de grand format est, comme toujours chez Jean-Pierre, magistralement réalisée, avec un métier sans faille, artistiquement persuasive et riche en nuances.

Bogdan Krsic - 24 mai 1932 - † 21 octobre 2009

Pour vous et aussi un peu pour moi, en Très-Haut lieu, j’ai négocié avec succès la jouissance d’une éclaircie perpétuelle. Si je me suis fait rouler, faites-le moi savoir, au plus tard en fin d’année 2017.

Plus qu’un vœux pieux : « Bonne et heureuse année » JPH

Trait d’union entre les générations, la mère.
Au jour le jour, l’enfant découvre le monde
qui, bien sur, n’existerait pas sans lui.
Inconscient et gourmand
il s’imagine qu’il en est le centre
et pourquoi pas le créateur.

Chaque fois, tout recommence.

Le centre Pompidou m’offre très élégamment l’occasion de montrer, ci-dessus, un portrait de René Magritte que j’ai réalisé en 1979. Merci. Du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017, la prestigieuse institution parisienne présente une exposition rétrospective des œuvres de René Magritte (1898-1967) intitulée : LA TRAHISON DES IMAGES.

Ce titre est aussi celui de la fameuse toile qui représente une pipe qui n’en est pas une. C’est vrai que personne jamais ne pétunera avec l’objet peint par René François Ghislain, et c’est heureux. En effet, qu’y a-t-il de plus désagréable que l’odeur dégagée par une pipe activée par un fumeur envahissant ?

Cette œuvre est l’une de celles que Magritte a paraît-il vouées à la résolution de ce qu’il nomme «un problème». Bien qu’il ait été un grand artiste, un très grand artiste que j’admire, je pense qu’il se faisait un peu mousser lorsqu’il présumait que ses peintures avaient le pouvoir de résoudre, ne serais-ce qu’un problème. Une posture à mettre au crédit du complexe développé par certains de mes confrères face à l’univers scientifique. Un besoin maladroit de s’attribuer une place prestigieuse dans un champ d’action autre que le sien, le besoin tout con de paraître intelligent.

Les peintures qui ont fait la renommée de René François Ghislain proposent effectivement des problèmes inédits, heureusement sans y apporter les habituelles solutions moralisantes. Leur beau et sobre rendu pictural, plutôt traditionnel, est mis au service d’une vision très personnelle de notre environnement quotidien. Faites de représentations paradoxales et de raccourcis visuels novateurs, ses images captivent et l’intellect et le cœur du spectateur. Il a ainsi contribué à modifier et à améliorer notre perception du monde et de ses lois.

Les publicitaires ont été particulièrement influencés et inspirés par ses images et leurs messages saugrenus. Mises au service des marchands, elles ont conservé leur part d’humour et perdu toute leur fraîcheur poétique. Les représentations de Magritte ne trahissent rien du tout. Elles révèlent le sens intime des images. La vraie, la belle, la totale trahison des images, nous la devons entre autres aux publicitaires, aux musées, à la presse, aux militaires, aux politiciens. Comment leur en vouloir, nous vivons dans un monde qui ne tient debout que par des mystifications. Avec le triomphe sans partage des prestidigitateurs de l’informatique et de la robotisation, l’image devenue pléthorique est définitivement manipulée et trompeuse et pour faire bon poids, racoleuse et vulgaire.

Alors, n’hésitez pas, faites le voyage, visitez cette exposition que j’intitulerais : RENÉ MAGRITTE - UNE LUEUR D’ESPOIR

Eh oui ! La descendance pose discrètement devant la maison familiale. De 1976 à 1980, les vastes locaux de l’ancien entrepôt des trolleys (Halle Ritter) ont modérément abrité mon atelier et notre famille débutante.

Chauffage au charbon, aération et ventilation naturelle, notre logement disposait d’installations labellisées bio. Vidé de ses locataires, le garage aux trolleys, plus vaste et plus convivial que l’actuel «Déséquilibre» nous servait de salle de concert. C’était bien. Si bien que, le jour où nous avons invité une de mes tante à manger, apitoyée, en partant, elle a discrètement abandonné un billet de cent francs sur la table de la cuisine. À Noël, nous recevions la visite des rois mages, c’est dire l’attrait exceptionnel de notre crèche.

Un mois après que nous ayons quitté ce palais, les murs de la chambre de notre fils se sont écroulés. C’est à cette époque que l’architecte Thomas Urfer a proposé un dossier de plans en vue de la transformation de la Halle Ritter en salle de spectacle. Ses belles et excellentes solutions architecturales sont passées à la trappe et, en 1991, la halle a été détruite pour laisser la place aux bâtiments de l’Université Pérolles 2.

Salutations amicales, JPH

www.jphumbert.ch

Eh oui ! La descendance pose discrètement devant la maison familiale. De 1976 à 1980, les vastes locaux de l’ancien entrepôt des trolleys (Halle Ritter) ont modérément abrité mon atelier et notre famille débutante.

Chauffage au charbon, aération et ventilation naturelle, notre logement disposait d’installations biologiquement labellisées. Vidé de ses locataires, le garage aux trolleys, plus vaste et plus convivial que l’actuel «Déséquilibre» nous servait de salle de concert. C’était bien. Si bien que, le jour où nous avons invité une de mes tante à manger, apitoyée, elle a discrètement abandonné un billet de cent francs sur la table de la cuisine. À Noël, nous recevions la visite des rois mages, c’est dire l’attrait exceptionnel de notre crèche.

Un mois après que nous ayons quitté notre palais, les murs de la chambre de notre fils se sont écroulés. C’est à cette époque que l’architecte Thomas Urfer a proposé un dossier de plans en vue de la transformation de la Halle Ritter en salle de spectacle. Ses belles et excellentes solutions architecturales sont passées à la trappe et, en 1991, la halle a été détruite pour faire la place aux bâtiments de l’Université Pérolles 2.

Salutations amicales, JPH

www.jphumbert.ch

Hier, pour remettre au pas une mèche rebelle, je me suis regardé dans le grand miroir qui trône à gauche de la porte de sortie de ma maison. Il me réservait une étrange surprise. À moi qui ne porte jamais le moindre couvre-chef, il renvoyait l’image d’un homme coiffé d’un chapeau pourvu d’un tronc très haut de forme, agrémenté, sur ses ramifications, de branches aux pointes acérées. Des pointes qui ne demandaient qu’à passer pour des cornes. Je ne me suis pas reconnu. Intrigué, angoissé, dubitatif, j’ai scruté ma glace. Si ce n’est pas moi, qui est-ce ?

Lentement, j’ai compris le message et tout ce qu’il révélait ... bien sûr, si ce n’était pas moi, c’est que c’était vous. Vous qui aimez les accents onctueux de la langue de bois, vous qui répétez, avec un élégant brin d’arrogance, le sirupeux mensonge de vos maîtres et de leurs portes-voix. Vous, chers et bienheureux amis, qui préférez la quantité à la qualité. Vous, amateurs passionnés du pain et des jeux qui vous sont généreusement offerts par d’aimables vendeurs de publicité. Vous, éternels enfants, à qui d’astucieux manipulateurs ont inoculé le virus qui fait le bonheur des cocus : la pensée de bois. Une pensée que les dialecticiens de la mondialisation arrosent consciencieusement de leurs discours et arguments lénifiants. Une pensée qui, quoi qu’il se passe, vous permet infailliblement de choisir le bien, qui vous impose de mépriser et d’écraser le mal. Une pensée rassurante, dotée d’un accès direct au cerveau, qui vous susurre que vous détenez la vérité. Une pensée qui vous évite le difficile effort de la réflexion et vous donne tous les droits. Un immense et réconfortant mensonge qui fait du bien.

Je n’ai pas de chance, après la révélation faite à Moïse à l’intérieur du Buisson Ardent qui brûle sans jamais se consumer, voici qu’un miroir me confirme, en exclusivité, les soupçons des complotistes les mieux informés. C’est le moment de la fermer, d’écraser, de se taire, de ne rien divulguer, d’accepter de se faire tondre pour le bien commun de quelques petits malins. Je n’arrive pas à y croire, me voici empêtré dans une affaire à être interné en clinique psychiatrique comme au bon vieux temps du communisme et du matérialisme dialectique. Décidément, il faut se méfier du matérialisme. Dialectique ou pas, ses effets à long terme sont toujours les mêmes.

Je vous livre, ci-dessus, le portrait de l’homme à la pensée de bois qui, depuis hier, squatte mon plus beau miroir. Il y a peu de chance que vous ne vous reconnaissiez, mais méfiez-vous quand même. Peut-être que vous n’êtes pas celui ou celle que vous pensez.

Ne parlez en aucun cas de ce que je viens de vous écrire. Détruisez votre ordinateur! Si vous souhaitez en savoir plus sur cette affaire, rejoignez-nous à la Galerie Contraste à la ruelle des Cordeliers 6 à Fribourg. Vous y découvrirez des œuvres qui libèrent de la langue et de la pensée de bois. C’est très dangereux ... JPH

Ma première gravure. Elle m’a été commandée en 1978 par Michel Terrapon (1932-† 1989). Alors conservateur du Musée d’art et d’histoire de Fribourg, Michel Terrapon était aussi un excellent graveur sur bois. Je garde un souvenir lumineux de ses années de direction du musée, pensez une telle institution dirigée par un artiste: rarissime.

C’est René-Agass Baumgartner (1948 Wolfwil-† 2011 Chicago) qui m’a initié à la gravure dans son atelier de la Grand-Rue à Fribourg et qui a imprimé cette première création. Il a conforté ma passion naissante pour la gravure en taille-douce, qui s’ajoutait à celle que j’avais déjà pour la lithographie et pour la sérigraphie. De 1985 à 2005, en plus de mes propres réalisations, le virus de l’estampe m’a occupé à plein temps en qualité d’éditeur et d’imprimeur. Depuis 2006, j’ai renoncé à mon activité d’impression d’estampes pour consacrer un peu plus de temps à mes propre œuvres.

Ma gravure «Partagé» n’a, semble-t-il, pas eu un grand succès commercial et cela ne m’étonne pas car elle est l’expression d’une problématique. Aujourd’hui, avec un appréciable recul de 38 ans, j’y vois un autoportrait qui escamote les traits de mon visage pour révéler une caractéristique de ma nature. Partagé, effectivement, je suis partagé entre le besoin de plaire et de ne pas déranger, et celui de voir et de montrer le monde tel qu’il est. Comment choisir entre le travail d’éditeur, d’imprimeur, de galeriste, d’artiste, d’enseignant, d’architecte, de promoteur, et l’envie de paresser et de rêvasser ? Je n’ai pas vraiment choisi et cela contrarie mon tempérament perfectionniste. Un peu comme mon vieil ami Léonard de Vinci, je me suis dispersé et malheureusement, cela a eu une influence négative sur la qualité de nos prestations. Sournoise nature qui nous a offert trop de dons et nous refuse celui d’ubiquité qui nous aurait fait tellement de bien. JPH