Jean-Pierre Humbert peintre et graveur

Oeuvre de la semaine


Texte de Colette Gaillard, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

Intimité.
Mot de fouille
Mot de fosse.
Ossements de chaleur enfermant le ciel comme une chape d’église.

Je cherche mon temple, une bâtisse à la mesure de ma foi…
La demeure d’un esprit, d’un souffle sec mettant le feu à l’oreille et à l’âme, une étendue de steppe.

Et je ne sais précisément si le vent vient de l’œil ou de la langue,
des mots glissés ou de la caresse de lumière d’un khôl noir fusant mon corps ouvert.

Intimité.
Altération d’offrande
Altération d’un pauvre chant
La partition est laissée aux soins du courant.
Dans le silence infini, dans un océan d’algues vrillées, la vie glisse toute seule.

Spasmes qui s’entourloupent entre ma glotte et mon âme.
Vocables ininterrompus du jus des déchirures.
Je presse mon cœur citron et l’amère transpiration des amours fermentées.
Il coule et trempe.

Je cherche mon temple, une bâtisse à la mesure de ma foi…
Mais se tenir droit, encombré, les bras tendus pour que la nuit y pende sa lessive, ses poussières, ses nippes anciennes et collantes encore de ses vieilles douleurs. Se tenir ainsi, se croyant utile, se croyant aimer.

…oui, à la mesure de ma foi.


Texte de Mustapha Khamsi, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

Tableau saisissant. Parlant à ceux qui veulent entendre…
Plus fort et plus profondément que la Voix ou l’Ecriture.
Représentation symbolique du Genre Humain : certains irradient la lumière et sont beaux, d’autres, sombres, interlopes et inquiétants.
L’homme a reçu la liberté. Même celle de choisir ses chaînes…

Choc des civilisations ?
Quand il y a choc, n’est-on pas fondé à se demander s’il y a vraiment civilisation ?
Et d’ailleurs, c’est quoi une civilisation ?
Marrakech, le Maroc, le Maghreb. Rive sud de la Méditerranée pour vous, rive nord pour nous…
Les géographes arabes plaçaient le pôle Sud en haut de leurs cartes, illisibles si on ignore cela. Tout est question de référence. Où placer le point zéro ? Chez vous les penseurs ont résolu élégamment le problème : le même point devient début et fin. L’alpha et l’oméga. Tout est dit pour celui qui se donne la peine de lire et de réfléchir.
Il ne peut y avoir de choc, même de civilisations, s’il y a curiosité pour l’autre. Rencontre, Reconnaissance et Respect. La règle des 3 R…
A plus forte raison en ces temps troubles et troublés que connaît notre jolie petite planète bleue, qui hélas devient chaque jour un peu plus rouge.

Et le sang est rouge partout. Les larmes et la peine sont les mêmes partout. A cause de l’intolérance, elle-même fille de la méconnaissance et surtout de l’ignorance, c’est-à-dire de l’indigence de l’esprit.
Etrange et foutu XVème siècle de nos religions bibliques respectives… Période des Zélotes chez les Juifs, Inquisition dite sainte chez les Chrétiens, temps actuels chez les Musulmans…
Peste noire, peste brune, peste verte. Pourquoi dénaturer ainsi l’arc-en-ciel, propriété de nos enfants ?
Choc des civilisations ?

Il n’y a, en vérité, que choc d’egos surdimensionnés et pathologiques, gérés par l’orgueil et jamais par la générosité et l’amour de l’autre.
Vous avez dit tolérance ?
Peut-être faudrait-il lire – ou relire – Le Petit Prince de St-Exupéry et Le Prophète de Khalil Gibran…


Texte de Bernard Bailly, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

Un visage aux yeux grands ouverts nous fait face. Regard intense, interrogateur. Mine défaite : le fard coule.

Quinze états du même personnage – celui qui nous fixe – montrent les stades de sa descente vers l’abîme : du simple vague à l’âme à la chute libre dans le vide.

Le gouffre aspire ce personnage. La faille s’éclaircit et s’élargit vers le bas. Les bords droit et gauche sont foncés. Ils mettent en évidence la profondeur de l’abîme et tracent la direction vers cette funeste issue.

Une tache à la hauteur du front montre la souffrance insupportable endurée par le personnage central. Les racines n’ont même plus la résistance suffisante pour retenir ce trop lourd fardeau : il est lâché !

Si le titre de l’estampe est Photo-roman, le thème en est la dépression.

Le photo-roman raconte une histoire au moyen d’une succession de photographies. Ici, le rapport au titre est la succession et la superposition d’états montrant les dernières secondes avant l’irrémédiable chute. L’objet réel de ce drame n’est pas expliqué. Ce non-dessiné permet toutes les suppositions. Drame personnel de l’artiste ou de ses proches ?

Cette souffrance invisible parce qu’intérieure, apparemment sans objet, volontairement non décrite par l’artiste, fait mystère et attire.

C’est dans l’œil du spectateur que va s’opérer l’alchimie. Cette image est intense. Elle dure. Elle prend son temps pour se révéler. Elle est forte dans le mouvement de l’émotion. Le spectateur peut y projeter son propre vertige.


Texte d'André Glardon, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

L’amateur d’art peut, on le voit, rester dans les nuages de son pétard et n’en percevoir que son fumet. Découvrez son profil dans ses propres fumerolles…

L’amateur d’art peut arpenter les ares des cimaises à l’affût des fards, simarres et brocarts. Brocards… si jacquard, foulard et mascara ne sont en accord  !

L’amateur d’art peut ingurgiter lard et caviar, avalant bavarois et savarins, gobant fars et fours. Pour ce casse-croûte, l’arlimentaire est toute sa culture.

L’amateur d’art peut être pochard, plus versé dans pinards et gargotes que dans nectars et palaces. Le départ de ce lascar, parfois impose le brancard.

L’amateur d’art peut se déplacer pour quelques savarts de nasard ou accords de guitare. Friand d’arpèges et de bécarres, il tintamarre au moindre malart.

L’amateur d’art peut n’être que bavard, fumeron en main pour éclairer l’ignare de passage. Il phare, jargonne devant son aéropage arc-bouté à son baratin.

L’amateur dard peut le brandir, arrhes à l’appui, et s’emparer d’une œuvre dare-dare. Muselée dans un placard, elle sera pantin de la bourse carnivore.

L’armateur d’art peut, sans en avoir l’air, vouloir mener l’artiste en bateau. Après le lâcher des amarres, c’est l’amer réveil sous l’espar disloqué.

L’amateur d’art peut être la mateuse d’art, généralement moins intéressée à découvrir les charmes des toiles qu’à dévoiler les siens.

Ces amateurs ne sont pas « amateurs », ils n’aiment pas !

Amateurs de hart, ils n’offrent à l’artiste que celle au bout de laquelle ils le pendront, saigné aux ars !
Des arnaqueurs ! Des fumistes !

Mais alors… qu’est-ce qu’un amateur d’art ?

Considérez l’œuvre… Un peu le brouillard… Quel arcane…
Même Jean-Pierre Humbert est fuligineux lorsqu’il commente son estampe :

« Ceci n’est pas un amateur d’art… »
Seul le fumeur de H emporte son adhésion !


Texte de Jacques Cesa, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

Le graveur, véritable lithophage tout droit sorti de la falaise, marche vers la ville.

Il n’a pas le droit de se retourner. Sans la permission des Dieux, il vient de délivrer Eurydice de sa prison de chaux et de silice, en lui offrant une cigarette allumée.La meule de calcaire, vissée à double tour dans la serrure du cerveau, doit pomper l’image du visage d’Eurydice en négatif.

Plus tard, elle devra se reconnaître dans ce portrait dessiné par une mine grasse. Elle se reconnaîtra grâce au rejet de l’eau qui fera miraculeusement apparaître son visage.

Elle sera alors définitivement délivrée  !

Les veines-racines du graveur alimentent en encre noire les deux billes de ses yeux qui tournent comme les roulements de la presse à bras qui l’attend à l’atelier.

Les sentiers écervelés de sa mémoire vive ; sa dernière épreuve ; la grande presse qui fait la roue comme un paon égyptien !

Le graveur est dans tous ses états. Il avait pourtant bien retenu la leçon d’Orphée.

Eurydice attend sa confrontation finale avec le portrait négatif ; elle attend son tour, comme les autres habitants du quartier, enroulée comme une feuille de papier cuve, dans les schistes de la carrière.

Les deux seins gonflés par la fumée de la cigarette font éclater la chrysalide de boue séchée qui lui sert de corsage. Deux hirondelles migratrices avaient bâti leur nid ici ce dernier printemps.

Nous sommes en automne. Le court-métrage du graveur-lithographe se déroule à l’envers, à l’endroit de sa véritable mort.

Il était mort il y a 1’000 ans et plus ; il revit aujourd’hui, transfiguré, par l’image de son autoportrait.

Au-dessus de la falaise, une nouvelle planète scintille dans un ciel d’encre.

L’ancienne banquise des lavis gris et noirs venait de céder, sous les coups de boutoir répété du réchauffement de la planète. La moitié de l’humanité venait de disparaître.

L’arche du graveur flottait dans l’air, au milieu des flocons de lune. En délivrant Eurydice contre l’avis des Dieux, il venait de délivrer les autres habitants de la ville qui se mettent à danser en suivant les pas du graveur.

Les pas de sa prochaine gravure.


Texte de Philippe Humbert, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

Deux femmes lisses et nues, partiellement enracinées dans le décor, semblent convoiter le jeune homme à la moustache ingrate et au visage gaufré de quelques plis dans la zone de pensée.

Un coquin ( un pas tout à fait chauve des plus banals ) observe la vie de Monsieur et jalouse son succès auprès de ces demoiselles. Il en a plus qu’assez de devoir supporter sa dame frigide et hostile à la tendresse de son mari. Mais un ami de Monsieur a tout vu !

Il passait par là, dans un décor remuant. Le décor est remué. Tous les personnages le remuent en s’y faufilant. Les herbes de palabres remuent au gré des ragots aux origines floues et sans visages : c’est du vent.

– Il aurait voulu lui tirer dessus avec un pistolet – Encore elle – Quelle nymphomane celle-là – çui-là si je le recroise j’le bute – Si tu savais ce qu’elle lui a fait dans l’ascenseur – Sûrement une couverture son commerce – passe-moi ma bière s’te plaît – Je suis sûr qu’il trafique quelque chose de pas très catholique – Alors c’était lui l’affaire des diamants sénégalais –

Le doux visage d’une demoiselle s’est glissé dans la pellicule en arrière-plan. Elle peut contempler la foule et la flore qui remuent sous ses yeux. Et nous spectateurs, nous regardons ce long film, dont nous ne voyons ni le début, ni la fin, mais la totalité.


Texte d'Albert Sieber, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

Cette œuvre simple et forte appelle l’espace et le temps.

Aussi, le texte peut apparaître superflu… sinon de vous replacer dans l’Univers en un lieu abstrait et à un instant fugace et parfaitement insaisissable.

L’alpha et l’omega sont infinis, sans commencement ni fin, ils contiennent cette infime partie de l’espace et ce bref instant de vie pour la joie du cœur et le plaisir de l’esprit, sans orgueil !

Oui l’humanité est issue de l’Univers et s’évanouira en lui !

Mais ce court instant est toute notre justification, notre grandeur et notre honneur.

Ce trombone écartelé, vie accessoire de tous nos bureaux, volontairement écarté de sa fonction modeste : assembler deux feuilles plaquées l’une sur l’autre ! Mais placé dans l’espace la tête vers le ciel et les pieds dans notre terre, c’est le renversement de l’ordinaire pour l’Impossible ! Au lieu de pincer notre liberté entre deux pages, il lui donne tout son sens : les jambes dans le sol supports du végétal, la tête caresse les nues et la profondeur de l’espace qui contraste si fort avec l’horizon, si souvent avec notre horizon… partie sombre du tableau.

Epinglés à notre terre, scotchés sur son sol, peut-être unique vaisseau de nos esprits, non pas quelque part dans l’Univers, mais là où nous sommes, où est notre destin et notre grandeur ! dans ce ciel sans fin.

Pas de temps dans cette œuvre, mais le temps sidéral, plus infini que celui de Kepler et d’Einstein…

Est-ce utile de peindre une époque, une durée dans une œuvre ? Pourquoi pas le temps infini ? Pourquoi pas l’espace infini dans toutes les directions ?

L’humilité est pour notre vie, « cette vie, expiration vulnérable dans le souffle du Temps ». ( Pensée de l’Inde du Sud ).

Texte de Philippe de Bellet, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

L’arbre nourrit les rêves de l’homme en lui procurant le papier pour les écrire. Voyez comme il s’agrippe au sol désespérément ( en fait il court à toutes jambes dans le vain espoir d’échapper à son sort funeste ) ! Que lui reste-t-il de son intégrité, désormais tronqué de sa tête ? Les feuilles qui s’envolent à la manière de cormorans au grand large pour lâcher leur cri, sont-elles ici les messagères des visions humaines ou plutôt du SOS arboricole ?

L’arbre vivait jusque-là tranquillement, tour à tour s’ombrageant du soleil à la belle saison, tenant chorale dans le vent du soir et pointant ses branches raides et nues dans la froidure hivernale en attendant le printemps. Voilà qu’il n’a d’autre choix que de constater que pour lui une page s’est tournée et que ses rêves, eux, se sont envolés pour de bon. Que l’homme soit égoïste et prétentieux, l’arbre le savait. Que l’homme soit sot, il le savait aussi. Car l’homme a beau prétendre que « les paroles s’envolent et les écrits restent » ( un célèbre dicton chez les bipèdes ), c’est archifaux ! Ici les deux s’envolent…

Si l’arbre a besoin de feuilles – les siennes uniquement – pour s’abriter, à l’homme, il faut celles des autres pour écrire ( car il n’en a pas, abstraction faite de sa feuille d’impôt, et dans certaines situations, d’une feuille de vigne ). Le comble c’est que l’homme, qui ne pense jamais à la conséquence de ses actes, fabrique des feuilles avec du bois et donc abat des arbres, alors que l’arbre, soucieux de vivre en harmonie avec les éléments qui lui permettent de s’épanouir, ne fait qu’emprunter le souffle d’Eole pour chanter. L’arbre partage et ne détruit rien ; l’homme saccage les arbres pour certifier par écrit qu’il ne le fait pas.

Pourtant, malgré ces désolants constats, il faut bien avouer qu’il est fort agréable à l’homme de prendre la plume pour écrire quelques mots, voire plusieurs lignes, sur une feuille de papier, et encore plus, de recevoir une lettre d’un être cher. La lire à l’orée d’une forêt ( tant qu’il en reste ), assis au pied d’un arbre, est un plaisir qui pour lui n’a pas son pareil !


Texte d'Emile Stolic, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

Il a suffi d’une fraction de seconde à Jean-Pierre Humbert pour baptiser son œuvre Crépuscule. Pour la réaliser, il a travaillé peut-être une heure, un jour, une semaine ou plus. Ceci, le spectateur ne peut que le supposer et ensuite, l’oublier. L’important, ce qu’il veut savoir, c’est ce que l’auteur a voulu transmettre au public.

En scrutant sa création de tous les côtés, de gauche à droite, du haut vers le bas ou vice-versa, l’amateur constate qu’elle est en noir et blanc avec une dominante grise, ce qui correspond au titre. A peine visible, une maison est dissimulée dans l’ombre entre les blocs de pierres. Les nombreuses ramifications sombres d’un vieux tronc courbé aux multiples racines couvrent le ciel ne laissant que le centre du tableau libre pour la dernière luminosité diffuse qui éclaire les reliefs massifs des roches avec sa force faiblissante. Seule la perspective des arbres et de la rivière est encore visible pour les inciter à regarder ce qui se cache au pied du vieil arbre. C’est là qu’émergent des visages aux yeux curieux. Ils regardent dans toutes directions comme s’ils recherchaient quelque chose. Ils observent sûrement, ou écoutent peut-être, la manifestation passagère du crépuscule ? Les deux jeunes, couchés, confirment que le temps se modifie. Pour le garçon, c’est le crépuscule du soir, il dort. Pour la fille, les yeux encore ouverts et les cheveux ondulés, plutôt hérissés, c’est la beauté diffuse du moment qui la fascine et qui l’étonne. A première vue, tout est statique et silencieux. Mais non ! Le maître intervient et nous montre où et comment chercher la réponse. Avec plusieurs lignes parallèles, entrecroisées et élancées, qui traversent rapidement le ciel, il symbolise le mouvement. Le paisible crépuscule change d’aspect, devient dynamique et vivant. Les arbres en perspective nous guident vers le soleil et nous enseignent que les changements, jour et nuit, noir et blanc, sommeil et éveil, sont éternels. La rivière éclairée serpente et nous rappelle que tout bouge.

Le crépuscule n’est pas triste. Il est cet instant fugitif qu’il faut observer, apprécier et admirer.


Texte de Beat Kappeler, paru dans le livre "PAR DÉFAUT".

L’image séduit – la mondialisation est présentée comme un développement vital, dominant, naturel et équilibré. Après cette première impression, un doute s’installe. Qui ose présenter la mondialisation d’une manière si positive, quand les milieux autres que les économistes l’accusent, surtout les milieux de la culture ? L’artiste a-t-il une double pensée ? Le reflet, l’ombre légère au fond de l’image pourrait le prouver, tout comme les arbres assez sombres et au feuillage incertain. Montrent-ils l’éclosion des feuilles au printemps ou leur séchage d’automne ?

Mais l’artiste cherche l’expression, le message. S’il était opposé à la mondialisation, il forcerait le trait, il n’en resterait pas au message filtré des formes prises dans la nature, il montrerait les déchets de la civilisation mondialisée. L’observateur peut conclure au consentement de l’artiste : les arbres poussent, même fortement, ils sont arrangés d’une manière assez harmonieuse et ne présentent aucun trait de décadence, ils ne subissent rien. Au contraire, ils créent l’espace-monde. Ils instaurent la multitude, la diversité, mais tous ces arbres divers sont ancrés sur le globe – « one world ».

L’économiste est ravi, il trouve une âme sœur qui s’élève au-dessus du débat politicien et de courte vue. Car la mondialisation est la normalité, initiée il y a des millénaires déjà par les commerçants et par l’émulation culturelle des peuples et de leurs régents. L’historien Fernand Braudel l’a bien démontré. La non-mondialisation des nationalismes, des murs douaniers, l’absence de libre passage des personnes ne durait que trente ans, de 1914 à 1945.

J’aime donc ce tableau, sa fraîcheur matinale. Nous ne sommes pas à la fin d’une époque, mais à un nouveau début. Comme toujours, quand une nouvelle étape se dévoile, on trébuche quelquefois. On commet des fautes. Mais il ne faut pas s’arrêter, il faut apprendre à cultiver. Le monde est une pépinière de projets, de solutions.